<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="/atom.xsl" ?> <feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr"> <title>Plan-séquence</title> <link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://plansequence.midiblogs.com/atom.xml"/> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/" /> <subtitle>chronique cinéma</subtitle> <updated>2008-05-16T19:23:39+02:00</updated> <rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights> <generator uri="http://www.midiblogs.com/" version="5.0">midiblogs.com</generator> <id>http://plansequence.midiblogs.com/</id>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Georges Méliès, l'homme-orchestre du cinématographe</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/05/12/georges-melies-l-homme-orchestre-du-cinematographe.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-05-12:102109</id> <updated>2008-05-12T17:46:23+02:00</updated> <published>2008-05-12T17:40:00+02:00</published>   <category term="Travellings" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>      Il fut illusionniste, prestidigitateur, inventeur de trucages,...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/01/01/6ddd780bf694c59493f3e0798feb27a2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/01/01/c40594fced71453fa0796999e8cc6660.jpg&quot; id=&quot;media-41521&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;6ddd780bf694c59493f3e0798feb27a2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Il fut illusionniste, prestidigitateur, inventeur de trucages, constructeur du premier studio de cinéma, décorateur, scénariste, metteur en scène, acteur, producteur et distributeur. Georges Méliès, disparu il y a 70 ans, fut un génial précurseur qui considérait le cinéma comme un pourvoyeur d'illusions. &lt;br /&gt;
Le 28 décembre 1895, il y a de l'animation au Salon Indien du Grand Café boulevard des Capucines à Paris, à deux pas de l'Opéra. Auguste et Louis Lumière, deux fabricants lyonnais de plaques photographiques, qui ont fait la démonstration de leur cinématographe lors du congrès de la photographie en juin à Lyon, ont loué cette salle décorée à la mode orientale, d'une centaine de places. Ils ont déposé en février de cette même année 1895 un brevet &lt;em&gt;« pour un appareil de prise de vues et de projection ». &lt;/em&gt;Leur invention se distingue nettement du kinétoscope d'Edison. Le spectacle qu'ils proposent n'est plus individuel, mais devient collectif. Une révolution. Leur père, Antoine Lumière, se charge des invitations. Justement son propre studio de photographe se trouve dans le même immeuble, 9, boulevard des Italiens, que le Théâtre Robert-Houdin racheté en 1888 par Georges Méliès, un illusionniste. Rencontrant ce dernier, Antoine l'apostrophe : &lt;em&gt;&quot;Vous qui épatez le monde avec vos trucs, vous allez être épaté vous-même&quot;. &lt;/em&gt;Les &quot;trucs&quot; c'est justement l'affaire de Méliès. Ce fils d'un fabricant de chaussures de luxe, s'est exercé très tôt à la magie. Il a tenté d'intégrer l'école des Beaux-Arts. or, son père préfèrerait le voir s'exercer dans l'entreprise familiale, &lt;em&gt;« sans quoi il est probable que ma carrière aurait été exclusivement la peinture », &lt;/em&gt;expliquera-t-il en 1929. A 23 ans, envoyé par son père à Londres pour y apprendre l'anglais, il a fréquenté l'Egyptian Hall. De retour à Paris, il donne quelques représentations au Cabinet fantastique du Musée Grévin et au Théâtre de magie de la galerie Vivienne. Chez lui, c'est une véritable passion. Au point que, lorsque Méliès père décide de passer la main à ses trois fils, Georges investit sa part dans l'achat du Théâtre Robert-Houdin.&lt;br /&gt;
Sept ans plus tard, au soir du 28 décembre 1895, en regardant &lt;em&gt;&quot;La sortie des usines Lumière&quot;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&quot;L'entrée du train en gare de La Ciotat&quot;, &lt;/em&gt;Georges Méliès comprend aussitôt tout l'intérêt qu'il y aura à détenir une telle invention. Et de proposer aux frères Lumière de leur racheter leur appareil de projection. Refus des deux industriels lyonnais. Pourtant, dès le 5 avril 1896, quatre mois à peine après la séance inaugurale du Salon Indien, Georges Méliès projette dans son théâtre des &quot;photographies naturelles animées&quot; avec un projecteur de fabrication anglaise, qu'il transforme ensuite en caméra et tourne en mai &lt;em&gt;&quot;Une partie de cartes&quot; &lt;/em&gt;variante de&lt;em&gt; &quot;La partie d'écarté&quot;&lt;/em&gt; des Lumière. En octobre, il filme même la visite à Paris du tsar Nicolas II. Mais être un reporter d'actualités ne l'intéresse guère. Bientôt, il mettra lui-même en scène, avant même que l'événement n'ait eu lieu, le couronnement d'Edouard VII d'Angleterre. Méliès illusionniste, prestidigitateur, va appliquer les règles de son art au cinématographe. Ce sera dès 1896, &lt;em&gt;&quot;Escamotage d'une dame chez Robert-Houdin&lt;/em&gt;&quot;. Son truc pour y parvenir, c'est l'arrêt de caméra, la surimpression, le fondu enchaîné. Des trucages qui peuvent être considérés comme les ancêtres des effets spéciaux.&lt;br /&gt;
Le cinématographe &lt;em&gt;« passe-temps d'illettrés », « machine d'abêtissement et de dissolution »&lt;/em&gt; selon l'écrivain Georges Duhamel (1), devient très vite avec Georges Méliès, qui ne se contente pas d'enregistrer la vie telle qu'elle va, un pourvoyeur d'illusions.&lt;br /&gt;
Dans l'un des plus anciens films retrouvés, &lt;em&gt;&quot;Une nuit terrible&lt;/em&gt;&quot;, on voit Georges Méliès en chemise et bonnet de nuit, bataillant contre une armée de punaises. La scène a été filmée dans le jardin de sa propriété à Montreuil-sous-Bois devant un décor peint. Bientôt, il va y construire un premier studio entièrement vitré où il mettra en scène ses films à tableaux, &lt;em&gt;&quot;Cendrillon&quot;&lt;/em&gt; en 1899 dont il fera un remake en 1912, &lt;em&gt;&quot;Jeanne d'Arc&quot;&lt;/em&gt; en 1900. Pour donner l'illusion d'un grand nombre de figurants – 500 affirme l'illusinionniste dans sa lettre aux acheteurs – la troupe passe plusieurs fois devant la caméra &lt;em&gt;« en sortant par le côté cour pour revenir par le côté jardin, après avoir contourné le studio par le nord »&lt;/em&gt; (2). Deux ans plus tard, c'est le fameux &lt;em&gt;&quot;Voyage dans la Lune&quot;&lt;/em&gt; d'après Jules Verne, en 30 tableaux et 17 changements de décor. Un chef-d'oeuvre d'imagination qui va être copié, au point que Meliès enverra son frère Gaston ouvrir un bureau de sa société Star Films à New York histoire de protéger ses intérêts. Mais le succès n'est pas d'entrée acquis. Les forains, ses principaux acheteurs, se montrent réticents devant le prix et la nouveauté du sujet. Méliès décide donc de montrer une copie du &quot;Voyage&quot; à la Foire du Trône où il possède une baraque. Le succès est immédiat et les commandes s'envolent. Déjà l'effet du bouche à oreille... «&lt;em&gt; Monsieur Méliès et moi nous faisons le même métier. Nous enchantons la matière vulgaire »,&lt;/em&gt; écrit alors Guillaume Apollinaire. &lt;em&gt;« Le public est charmé par ce rêve d'atteindre la Lune »&lt;/em&gt; commente Marie-Hélène Lehérissey, son arrière-petite-fille (3). La Cinémathèque française conserve toujours la cape de magicien du cinéaste ayant servi dans trois de ses films dont &lt;em&gt;&quot;Le voyage dans la Lune&quot;. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Jusqu'en 1912, Georges Méliès tourne quelque 520 films. Cette année-là, Charles Pathé qui a produit ses six derniers films, cesse tout financement. &lt;em&gt;« La formule était périmée », &lt;/em&gt;dira-t-il ensuite. La guerre finit par ruiner le cinéaste, son laboratoire de tirage est réquisitionné par l'armée et les copies de ses films transformées en produits chimiques. En 1923, il doit vendre sa propriété de Montreuil, perd son Théâtre des Variétés Artistiques. En 1925 il se marie avec Jehanne d'Alcy, l'une de ses comédiennes de la première heure, qui possédait une modeste boutique de jouets et friandises gare Montparnasse. C'est là qu'il passe désormais ses journées, où viennent le sortir de l'oubli Henri Langlois et Georges Franju, fondateurs de la Cinémathèque française. «&lt;em&gt; J'y subissais ses talents de prestidigitateur », &lt;/em&gt;se souvient encore aujourd'hui sa petite-fille Madeleine Malthête-Méliès, qui, devenue secrétaire de Langlois à la Cinémathèque française, entamera une «&lt;em&gt; recherche des films perdus ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Le 21 janvier 1938, quand Georges Méliès meurt à la Maison de retraite d'Orly, il ne restait de son oeuvre que huit films disponibles.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Richard Pevny &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(1) Cité dans &quot;Les premiers ans du cinéma français&quot; (Institut Jean Vigo Perpignan, 1985). &lt;br /&gt;
(2) &quot;L'oeuvre de Georges Méliès&quot;, catalogue des collections de la Cinémathèque française et du CNC.  360 p., 500 documents. Editions de La Martinière. 49 euros.&lt;br /&gt;
(3) Dans un double DVD de 30 chefs-d'oeuvre de Méliès présentés par sa petite-fille et son arrière-petit-fille (les boniments écrits par Méliès sont dits par André Dussolier et la musique composée par l'arrière-arrière-petit-fils du cinéaste, Lawrence Lehérissey). Au programme notamment, les deux &quot;Cendrillon&quot;, &quot;Le voyage dans la Lune&quot;, &quot;L'affaire Dreyfus&quot; (Studio Canal/Fechner productions).&lt;/em&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Petits meurtres entre amis sous la double autorité  d'Agatha Christie et de Pascal Bonitzer</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/04/30/petits-meurtres-entre-amis-sous-la-double-autorite-d-agatha.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-04-30:100682</id> <updated>2008-04-30T18:54:23+02:00</updated> <published>2008-04-30T18:45:00+02:00</published>   <category term="Critique" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary> Pierre Collier (Lambert Wilson), un psychiatre chef de clinique est...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> Pierre Collier (Lambert Wilson), un psychiatre chef de clinique est assassiné au domicile d'un sénateur (Pierre Arditi) au cours d'un week-end. Sa femme (Anne Consigny) a été arrêtée un revolver à la main à côté de la victime. L'arme a fini au fond de la piscine, mais révélera le commandant Grange (Maurice Bénichou), ce n’est pas l’arme du crime. Du coup la coupable désignée qui avait mille raisons de supprimer un époux volage, n'est plus la seule à être suspectée. D’autant qu’un deuxième meurtre vient mettre un peu plus d’opacité dans ce récit écrit par Agatha Christie. Mais pour le réalisateur Pascal Bonitzer qui l'adapte, pas d'Hercule Poirot en perspective, car seule la BBC a l’exclusivité du personnage. &lt;br /&gt;
Comme l’a fait Pascal Thomas a trois reprises (&quot;&lt;em&gt;Mon petit doigt m’a dit&quot;, &quot;L’heure zéro&quot;&lt;/em&gt;et &quot;&lt;em&gt;Le crime est notre affaire&quot;&lt;/em&gt; (sortie en octobre prochain), Pascal Bonitzer a adapté l’intrigue à la mentalité française, mais sans la pétulance, la truculence du tandem Dussolier-Catherine Frot dans les films de Pascal Thomas qui a un goût inimitable pour la &quot;comédie policière&quot;. Néanmoins, &lt;em&gt;&quot;Le grand alibi&quot; &lt;/em&gt;au titre hitchcockien, nous fait partager la passion de Pascal Bonitzer pour le film noir. Car &lt;em&gt;&quot;Le grand alibi&quot; &lt;/em&gt;est né de l’envie du scénariste de Jacques Rivette et d’André Téchiné de se confronter au cinéma de genre. &lt;br /&gt;
Reste que tout n’est pas noir dans le sixième long métrage de Pascal Bonitzer. Miou-Miou en épouse de sénateur, transposition à la française de l’excentrique lady du roman, est ce personnage de comédie qui se cache au cœur de tout drame, d’une naïveté déconcertante, presque enfantine. Quant à l’époustouflante Italienne Caterina Murino, Pascal Bonitzer n’a pu s’empêcher de la déshabiller intégralement, ce qu’elle fait avec grâce. Cela aussi c’est du cinéma de genre…&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;R. P.&lt;/strong&gt;&lt;div style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/01/984648da9e98188dfb197f1b96ff69a4.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/01/984648da9e98188dfb197f1b96ff69a4.jpg&quot; id=&quot;media-39465&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;984648da9e98188dfb197f1b96ff69a4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Jean Becker : &quot;Albert Dupontel a ce côté animal qu'avait Gabin&quot;</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/04/30/jean-becker-albert-dupontel-a-ce-cote-animal-qu-avait-gabin.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-04-30:100681</id> <updated>2008-04-30T18:54:48+02:00</updated> <published>2008-04-30T18:35:00+02:00</published>   <category term="Film" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>   Depuis &quot;L’été meurtrier&quot; en 1983, qui a vu son retour au grand écran après...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/02/02f3b60dbcbd0b3cdc5a317cd26f2c67.jpg&quot; id=&quot;media-39459&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;ce166aae69876a72819de481e5d95a68.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/01/05a31bbdd921287a0831b1918508a3e9.jpg&quot; id=&quot;media-39457&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;c9201121b1b1c69c29a41b000dd1e284.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Depuis &quot;L’été meurtrier&quot; en 1983, qui a vu son retour au grand écran après une parenthèse de seize ans, Jean Becker est devenu le cinéaste de cette France profonde que le temps a épargnée, qui préserve son passé, mais pas pour autant passéiste. [-----]On ne circule pas à 130 sur les départementales des films de Jean Becker. Cet homme est tout ce qu’il y a de plus rassurant. Or, dans &quot;Deux jours à tuer&quot;, le réalisateur des &quot;Enfants du marais&quot; appuie sur le champignon. Au volant de la voiture qui file à plus de 200 km/h, le déstabilisant Albert Dupontel dans un rôle d’autodestruction totale. &lt;QA0&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&quot;J’aurais voulu avoir le courage de ce mec-là&quot;. &lt;/em&gt;Quand Jean Becker, 75 ans, a lu le roman de François d’Epenoux, il est resté scotché jusqu’à la fin. Et comme nous, s’est longtemps demandé après s’il aurait agi de la même façon qu’Antoine. Dans &quot;Deux jours à tuer&quot;, Antoine le personnage central de ce drame, interprété par Albert Dupontel, magistral dans ce rôle de publicitaire, la quarantaine, qui du jour au lendemain envoie tout balader, non sans cynisme. Mais avant, il détruit méthodiquement tout sur son passage. Il est d’une cruauté, d’une méchanceté gratuites. Tout ce pourquoi il s’est donné sans compter, à commencer par sa propre famille. Ainsi, il laisse planer un doute quand sa femme, Cécile, l’accuse d’infidélité, se montre sévère envers ses deux enfants qui lui ont fait un dessin, et insulte carrément ses meilleurs amis réunis par sa femme pour un dîner d’anniversaire. Le repas se termine aux poings, comme quoi certaines vérités, ne sont pas bonnes à dire. Le lendemain, Antoine a définitivement quitté le domicile conjugal. &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&quot;J’ai acheté en 1970 une petite baraque sur l’île de Ré&lt;/em&gt;, raconte Jean Becker. &lt;em&gt;Et puis tous les bobos du monde y sont venus s’intaller. J’ai pété les plombs et j’ai fini par me fâcher avec tout le monde. C’est un peu ce que j’ai raconté dans le film&quot;. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
A ce moment-là, le spectateur se demande quel but poursuit Antoine, quel mystère entoure sa vie au point de vouloir tout foutre en l’air. A ce moment-là, &quot;Deux jours à tuer&quot; sort de l’univers de François d’Epenoux pour entrer dans celui de Jean Becker. &lt;br /&gt;
Le réalisateur de &quot;Dialogue avec mon jardinier&quot;, montre une fois de plus son attachement pour les gens qui ont un rapport intime avec la nature. &lt;br /&gt;
Ce rapport s’illustre parfaitement dans la deuxième partie du film qui se déroule en Irlande où Antoine va rejoindre son père qui l’a abandonné tout jeune et s’est muré depuis dans un silence buté, n’a jamais cherché à voir ses petits-enfants. Comme si cet homme avait substitué à la compagnie hypocrite de ses semblables, celle des animaux, dans un endroit encore préservé de la folie bâtisseuse des hommes. &lt;br /&gt;
Bien entendu, c’est du Jean Becker, car derrière la figure bourrue du père – Pierre Vaneck est son propre beau-frère -, c’est celle de Jacques Becker qu’il faut voir. &lt;br /&gt;
Longtemps, Jean Becker n’a été que l’assistant-réalisateur du cinéaste de &quot;Rendez-vous de juillet&quot;, &quot;Casque d’or&quot; ou de &quot;Touchez pas au grisbi&quot;. Jusqu’au décès soudain de son père en plein tournage du &quot;Trou&quot; en 1960. Libéré de cette présence tutélaire, Jean Becker se lance en solo dans la réalisation avec Jean-Paul Belmondo qu’il dirige dans &quot;Un nommé La Rocca&quot;, &quot;Echappement libre&quot; et &quot;Tendre voyou&quot;. &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&quot;Mon père, j’adorais cet homme-là, je lui vouais une grande admiration, &lt;/em&gt;nous dit-il.&lt;em&gt;Il parlait à tout le monde, sauf à moi. On ne se parlait pas. Récemment on m’a communiqué la copie d’une lettre, que l’on a retrouvée, envoyée à Jean Renoir qui était alors en Amérique. Ce qu’écrit mon père sur ma mère et sur moi, j’en ai chialé&quot;.&lt;/em&gt;Le souvenir de Jacques Becker nous ramène au cinéma d’avant la nouvelle vague et à Jean Gabin. &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&quot;On tournait «Les grandes familles». Des barrières étaient disposées derrière lesquelles se massaient les curieux et dans ce public Carette. On a alors entendu distinctement de cette voix connue de tous: «On dit qu’il a une démarche de caïd, mais ce sont ses hémorroïdes», dans le dos de Gabin qui se préparait pour une scène. Gabin s’est retourné et a asséné aussi distinctement: «P’tit con!»&quot;.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Jean Gabin nous ramène tout naturellement à Albert Dupontel: &lt;em&gt;&quot;C’est un peu con ce que je vais dire, mais avant guerre, Gabin qui avait un physique incroyable, il balançait. Albert il balance de la même façon. C’est un acteur qui va se bonifier, il a ce côté animal de Gabin. Il est ouvert à tout, il a une spontanéité diabolique. Ce personnage est sorti totalement de lui. Il a des yeux d’aigle. Je n’ai rien eu à lui dire, il avait tout compris&quot;.&lt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Richard Pevny&lt;/strong&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>En remontant le temps de Resnais</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/03/09/en-remontant-le-temps-de-resnais.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-03-09:93320</id> <updated>2008-03-09T19:23:09+01:00</updated> <published>2008-03-09T19:20:00+01:00</published>   <category term="DVD" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>  Il y a quarante ans, en mai 1968, Alain Resnais s'apprêtait à présenter au...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/00/01/eb5d0fd70e20bc2df5b858f40979dde0.jpg&quot; id=&quot;media-29232&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;db932cf27736822a21f0ba3147ab4576.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Il y a quarante ans, en mai 1968, Alain Resnais s'apprêtait à présenter au festival de Cannes son cinquième film, &lt;em&gt;&quot;Je t'aime je t'aime&quot;, &lt;/em&gt;quand François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Berri, Claude Lelouch, quelques autres encore, s'accrochèrent au rideau rouge du Palais des Festivals pour empêcher toute projection, signant l'arrêt de la manifestation. A Paris, la grève générale venait d'être déclarée. Le train spécial qui avait embarqué la veille des personnalités du Tout-cinéma, était immobilisé du côté de Lyon. Il repartait vers Cannes sans Resnais qui préférait rentrer sur Paris.&lt;br /&gt;
Claude Rich est Claude Ridder, un jeune type qui a fait une tentative de suicide. Il est mûr pour une expérience scientifique qui devrait le faire voyager dans le temps, dans son temps, un an plus tôt, pendant une minute. La machine à remonter le temps ressemble à un gros cerveau en polyuréthane. &lt;em&gt;&quot;On peut entrer dans risques de se retrouver sous Ponce Pilate ?&quot;, &lt;/em&gt;questionne le jeune homme.&lt;br /&gt;
Mais rien ne se passe comme prévu et Claude Ridder se trouve projeté dans un temps désordonné où les scènes parfois se répètent - mais sous des angles différents -, nous proposant des morceaux épars de sa vie qui finissent par constituer une histoire. Le présent fait même irruption dans le passé quand une petite souris du laboratoire trottine sur le sable devant Claude et Catrine, sa fiancée, allongés sur une plage. &lt;em&gt;&quot;Claude Ridder vous êtes fait comme un rat&quot;, &lt;/em&gt;dit ailleurs Claude Rich. Alain Resnais nous montre une vie sociale en morceaux, affective en désordre, le tout non exempt d'humour. Une jeune femme nue dans une baignoire posée sur un bureau apparaît à Claude Ridder, qui dialogue au téléphone avec l'horloge parlante. Le temps est l'un des éléments de ce puzzle cinématographique. &lt;em&gt;« Rien n'est au présent et tout est au présent », &lt;/em&gt;dit Alain Resnais de ce film écrit par Jacques Sternberg, qui remonte le temps sans une ride, n'ayant rien perdu de son acuité.&lt;br /&gt;
En compléments, un entretien avec Claude Rich, la rencontre Resnais-Sternberg, un entretien audio avec Alain Resnais, plus un livret de 32 pages accompagnent l'édition de ce DVD (Editions Montparnasse. 20 euros).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;R. P.&lt;/strong&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Trahison et corruption au pays de l'or noir</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/03/09/trahison-et-corruption-au-pays-de-l-or-noir.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-03-09:93319</id> <updated>2008-03-09T19:28:03+01:00</updated> <published>2008-03-09T19:15:00+01:00</published>   <category term="Critique" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>  Gold and God. Dieu et l'or (noir). Le pouvoir et la religion. La foi et le...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/02/c28ebf379962a1a7bba807f5758cd47c.jpg&quot; id=&quot;media-29233&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;07b51ecf3a23f479b7416739b8e1b48d.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Gold and God. Dieu et l'or (noir). Le pouvoir et la religion. La foi et le profit. Ces thèmes se télescopent dans &lt;em&gt;&quot;There will be blood&quot;&lt;/em&gt; de Paul Thomas Anderson, le réalisateur de &quot;&lt;em&gt;Boogie nights&quot;&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;&quot;Magnolia&quot;, &lt;/em&gt;qui est aussi une saga du pétrole en Amérique, une histoire de ses magnats, cette poignée de noms du gotha, les Rockfeller ou Getty, qui eurent assez de nez pour croire en l'or noir.&lt;br /&gt;
Daniel Plainview veut aussi y croire à sa bonne fortune. Lui aussi veut sa compagnie, sa Standard Oil, celle qui appartient à Rockfeller. Alors, il trime au milieu du désert californien, un endroit oublié même de Dieu. Et il creuse un trou dans lequel des hommes couverts de poussière, maculés de boue, descendent pour creuser encore plus loin vers cet océan noir qui les fera accéder au paradis après cet enfer. Des hommes taciturnes que l'espoir fait vivre. Tout le début du film est sans dialogue, juste la musique envoûtante de Jenny Greenwood (du groupe Radiohead). Parfois le pétrole jaillit, d'autres fois, cela explose.&lt;br /&gt;
Un jour, un jeune homme vient proposer à Daniel de venir creuser chez lui à Little Boston. On dit que la Standard Oil s'y intéresserait. Daniel Plainview achète tous les terrains disponibles, ce n'est pas difficile il ne pousse que des cailloux. Little Boston va y gagner en prospérité, ce qu'elle perdra en âme. Des gens se déchireront, trahiront, se corrompront au nom du pétrole.&lt;br /&gt;
Daniel Plainview trouve un redoutable adversaire sur place. Eli, le frère jumeau de Paul (tous deux joués par Paul Dano l'ado mutique de &lt;em&gt;&quot;Little me sunshine&lt;/em&gt;&quot;), est pasteur. C'est un illuminé qui prétend guérir les corps et les âmes. Et celle de Daniel est bien noire croit-il. Il faut en extirper le diable. Daniel se soumet à l'exorcisme, mais gardera rancune contre le faux prophète qui s'est mis en travers de sa route. Daniel Plainview finit pas gagner la bataille de l'or noir mais perd l'affection de son fils, avouant que &quot;les humains me répugnent&quot;.&lt;br /&gt;
Dans cette longue (2 h 38) fresque épique, au pays où tout est possible même le pire, Paul Thomas Anderson ne baisse jamais la garde de sa mise en scène époustouflante, jusqu'à cet ultime affrontement qui montre un Daniel Plainview ayant perdu contact avec le monde civilisé. &lt;em&gt;« L'âme de Daniel Plainview n'existe plus depuis longtemps alors que son corps continue d'exister », &lt;/em&gt;dit Daniel Day Lewis qui, a ressenti cela «&lt;em&gt; très profondément ».&lt;/em&gt; Sa source d'inspiration, le réalisateur est allé la chercher dans le volumineux (696 pages) roman d'Upton Sinclair contemporain de cette histoire du pétrole américain. C'est ce qui a aussi attiré Daniel Day Lewis qui dit de Daniel Plainview, &lt;em&gt;« c'est un fou comme moi avec lequel j'avais envie de passer un moment ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Richard Pevny&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Chronique parue dans L'Indépendant du 27 février 2008.&lt;/em&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>&quot;Bienvenue chez les Ch'tis&quot; à Lille</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/03/09/bienvenue-chez-les-ch-tis-a-lille.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-03-09:93318</id> <updated>2008-03-09T19:12:46+01:00</updated> <published>2008-03-09T19:12:46+01:00</published>   <category term="Travellings" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary> Il ne pleut pas sur Lille. Face à la Vieille Bourse baignée par un soleil...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> Il ne pleut pas sur Lille. Face à la Vieille Bourse baignée par un soleil quasi printanier, les terrasses des cafés bondées débordent largement sur la Grand Place. La veille, Dany Boon a présenté &lt;em&gt;&quot;Bienvenue chez les Ch'tis&quot;&lt;/em&gt; à Lille et Roubaix. Je suis &quot;monté&quot; de Perpignan pour bien vérifier que dans le Nord il pleut tout le temps. Ça se saurait s'il faisait chaud ! Et puis le soleil m'est tombé sur la tête. Je sortais ce mardi-là de l'Hermitage Gantois, un ancien hospice du XVIIe siècle, dont les anciennes cellules des soeurs hospitalières, transformées en chambres 4 étoiles luxe, feraient pâlir des touristes britanniques relégués dans des hôtels de la Côte d'Azur au papier mural défraîchi.&lt;br /&gt;
Mon Nord culturel se limitait alors aux films désespérants d'humanité de Bruno Dumont, au tournage de &quot;Germinal&quot; sous la pluie et dans la boue du côté de Valenciennes, aux chansons tristes comme-un-jour-sans-pain de Pierre Bachelet. &lt;em&gt;&quot;Au Nord, c'était les corons...&quot;, &lt;/em&gt;de celle-ci, les supporters du RC Lens ont fait un hymne, de ce refrain si peu entraînant un chant de victoire. Ça vous mettrait presque la larme à l'oeil. D'autant que le film de Dany Boon confirme le proverbe ch'ti qui assure qu'un étranger qui vient dans le Nord pleure deux fois, quand il arrive et quand il repart.&lt;br /&gt;
Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir été prévenu qu'une douche froide l'attendrait. Même le brave Galabru, figé en grand oncle corse dont la figure patibulaire sortant de la pénombre avec des &quot;Oh là là&quot; apocalyptiques dans la voix, a été convoqué devant la caméra. &lt;em&gt;&quot;L'été, c'est des 0, éventuellement des 0,1&quot;, &lt;/em&gt;dit-il avec des trémolos. Le fonctionnaire des PTT qui rêvait de la direction de la poste de Cassis et obtint – mutation disciplinaire – celle de Bergues, n'avait plus qu'à s'équiper pour le Grand Nord, autant dire la planète Mars.&lt;br /&gt;
Bergues, le mot même sonne comme une relégation dans un bagne lointain. Enfin pas tout à fait. Dès qu'ils se sont entendus sur un minimum de mots compréhensibles aux deux parties, les Ch'Tis sont un peuple chaleureux et généreux pour notre directeur de la poste locale rapidement instruit des coutumes locales.&lt;br /&gt;
On l'a compris, à partir d'un catalogue de poncifs et de clichés sur le Nord morose et alcoolique, Dany Boon l'un de ses plus célèbres enfants, a écrit le scénario d'une joyeuse comédie basée sur l'inusable tandem mal assorti approuvé chez Gérard Oury ou Francis Veber. Et puis il y a Line Renaud, dite &quot;Mademoiselle from Armentières&quot;, dans un rôle de mamma du Nord à qui on ne refuse rien. Chat, ch'est bien dit.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Richard Pevny&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Chronique parue dans l'Indépendant du mercredi 27 février 2008.&lt;/em&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Kad Merad : &quot;Avec Dany Boon, c'est facile&quot;</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/03/09/kad-merad-avec-dany-boon-c-est-facile.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-03-09:93316</id> <updated>2008-03-09T19:17:40+01:00</updated> <published>2008-03-09T19:05:00+01:00</published>   <category term="Travellings" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>      Avec &quot;Bienvenue chez les Ch'Tis&quot;, Dany Boon, l'enfant d'Armentières,...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/01/92e5c9daf3902bd89b8f550798eb5a99.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/01/339bb66d8437edfac206fa8f48a33517.jpg&quot; id=&quot;media-29230&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;92e5c9daf3902bd89b8f550798eb5a99.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Avec &quot;Bienvenue chez les Ch'Tis&quot;, Dany Boon, l'enfant d'Armentières, réalise une comédie cocasse sur ces gens du Nord en poussant aussi loin que possible les clichés. Kad Merad y interprète un directeur de la poste de Salon-de-Provence muté à Bergues dans un Nord qu'il imagine froid et pluvieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pour vous le Nord, c'est quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Personnellement je n'ai absolument pas d'a priori. Tous les clichés dans le film sont grossis puisqu'il s'agit d'un divertissement. On vient dans le Nord par hasard à l'occasion d'une tournée de théâtre. Tous les artistes vous diront que les meilleurs accueils sont dans le Nord. Pourquoi ? C'est à vous de me le dire...&lt;br /&gt;
Peut-être le problème climatologique, vous allez me dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Achèteriez-vous une maison de campagne dans le Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ah non, quand même pas ! Pendant le tournage j'ai habité à Malo-les-bains, à côté de Dunkerque, dans une petite maison. J'ai trouvé l'endroit sympa. Maintenant, on n'achète pas des maisons comme ça... Si j'avais les moyens, franchement j'achèterais ici, c'est pas loin de Paris, il y a la mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Et à Porquerolles pour le même prix ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
J'ai une maison à Marseille, parce que je suis plus ou moins lié à Marseille. Mais je pense que si j'avais une famille dans le Nord, j'y aurais peut-être acheté une maison pour être proche de ma famille. C'est un lieu de vacances ici. Vous avez déjà fait du char à voile, c'est extraordinaire. Les plages ne sont pas faites juste pour bronzer en maillot de bain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dany Boon, que représente-t-il pour vous ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
J'adorais déjà Dany comme artiste. Il est extrêmement poli avec tout le monde, du stagiaire à la vedette. Avec Dany c'est facile. Dany est au travail, tel qu'il est dans la vie, simple. En même temps on s'est un peu fritté. Il est tellement précis et exigeant, mais je comprends, c'est son deuxième film. Il vient de tourner avec Francis Veber et Patrice Leconte qui sont dans le domaine de la comédie un peu les maîtres. Il a envie de ressembler à ces gens-là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Etait-ce tendu ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'était de la &quot;friterie&quot; pour le bien. Comme dans les histoires d'amitié, on n'est pas d'accord tout le temps. Il y a eu une mise au point sur la façon dont on allait travailler. On allait passer beaucoup de temps tous les deux, on devait créer ce fameux duo. Au départ de l'histoire, on ne s'aime pas. Je suis le patron de mauvaise foi qui refuse d'aimer ces gens-là. Et lui, il ne m'aime pas non plus. Cela nous a servis. On s'est apprivoisé, reniflé. Moi, j'aime bien quand il y a une confrontation d'idées et de travail. Il est exigeant mais c'est aussi très agréable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Etes-vous critique sur vous-même ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Forcément. Tout le temps, pour la moindre apparition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Aimez-vous vous regarder ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au cinéma oui. Dans les émissions de télé, je trouve ça horrible. Jusqu'à présent j'ai la chance d'avoir fait des films que j'ai adorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Comment avez-vous géré les rires ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il y a eu des moments très durs. Car Dany est très rieur. Il a déjà un oeil qui brille. C'est très difficile quand vous jouez des scènes en ch'ti. Quand vous le faites quinze fois, ça fait plus marrer, surtout l'équipe. Il n'y a pas beaucoup de métiers où l'on a ce genre de fous rires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Les Ch'Tis ont-ils été heurtés par l'image que l'on donne d'eux ?&lt;/strong&gt;C'est un film d'auteur. Dany y a mis ses tripes, son histoire, sa vie. Il s'est inspiré de sa mère, de ses potes. Il dit des choses très vraies. Et les préjugés tombent. Peut-être le fait qu'il pleuve directement après le panneau, cela a-t-il pu en heurter quelques-uns...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Il y a des scènes aussi très émouvantes...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'émotion, elle est dans la façon dont Dany a mis en scène et dont il a écrit les séquences. Elle n'est pas appuyée, voulue. C'est formidable de savoir que des gens sont touchés par le film en dehors du fait qu'on rigole beaucoup.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;On pourrait envisager une suite... à Porquerolles ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Si le film a énormément de succès, si vraiment cette bande-là les gens l'adore, vont jusqu'à mettre des posters dans leurs chambres comme pour Ricky Martin ou Georges Chelon – existent-ils toujours ? -, mais il faut un scénario.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous vous êtes confronté à Line Renaud...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Elle a cette grandeur des stars, hyper simple, généreuse. Elle s'intéresse à vous. Contente d'être là. C'est un régal. Cette femme a traversé les modes et elle est encore là. Elle me fait penser à Philippe Noiret avec qui j'ai joué pratiquement à la fin dans le film de Michel Boujenah (&quot;3 amis&quot;, ndlr). Des personnes qui sont des légendes, mais qui vous parlent de vous tout le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Recueilli par Richard Pevny&lt;/strong&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Anne Brochet : &quot;Parfois on met du temps à se rencontrer&quot;</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/02/27/anne-brochet-parfois-on-met-du-temps-a-se-rencontrer.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-02-27:91245</id> <updated>2008-02-27T15:54:49+01:00</updated> <published>2008-02-27T15:50:00+01:00</published>   <category term="Travellings" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>      Célébrée dans le rôle de Roxanne de &quot; Cyrano de Bergerac&quot;  et dans...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/00/02/408a9ec22592c2a63cfbab6c13a4408e.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/00/02/1d5ad3d4d9113425fa595926398e3dc5.jpg&quot; id=&quot;media-26334&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;408a9ec22592c2a63cfbab6c13a4408e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Célébrée dans le rôle de Roxanne de &quot;&lt;em&gt;Cyrano de Bergerac&quot; &lt;/em&gt;et dans celui de la fille du musicien Sainte Colombe dans &lt;em&gt;&quot;Tous les matins du monde&quot;,&lt;/em&gt; Anne Brochet, actrice et écrivaine, ne se reconnaît pas toujours dans &quot;la fille bizarre&quot; du cinéma français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce rôle d'avocate et de mère élevant seule son petit garçon ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En premier, c'est mon affection pour Isabelle (Doval, la réalisatrice de &quot;Un château en Espagne&quot;, ndlr) Mon admiration pour son travail, son énergie enthousiaste. Le scénario que j'ai aimé beaucoup, et puis mon intérêt pour ce personnage qui est sombre, et puis d'un seul coup qui est lumineux, dense, dit n'importe quoi, redevient sérieux...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;On vous voit assez peu au cinéma, qu'est-ce qui motive vos choix ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il y a des scénarios qui s'intègrent à votre vie au moment où vous les lisez et des scénarios qui ne s'intègrent pas forcément à ce moment-là. Peut-être que si j'avais lu ce scénario il y a cinq ans j'aurais dit : non, ça ne va pas m'intéresser. Il y a des bons timings et des mauvais timing.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous venez de publier votre deuxième roman. Qu'est-ce qui vous attire dans l'écriture ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est un hasard de circonstances qui m'ont fait écrire le premier. J'avais écrit un scénario, je l'avais fait lire à deux producteurs qui ne savaient pas quoi en faire. Un ami l'a fait lire à Louis Gardel qui m'a convoquée aux éditions du Seuil pour me demander si je ne voulais pas le transformer en roman.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pourquoi la forme du scénario ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sans doute parce que j'étais actrice et je pensais que je ne pouvais faire que ça, rester dans ce monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Aujourd'hui, ce premier roman pourrait devenir un scénario ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je n'en ai plus envie, peut-être quelqu'un d'autre... Je me suis assez promenée dedans. Ecrire m'intéresse. Ensuite, toute la mise en oeuvre de la production, de la responsabilité financière, la responsabilité vis-à-vis de son équipe, je ne suis pas sûre de pouvoir assumer ça. Je ne suis pas sûre de faire ce qu'Isabelle fait, l'énergie qu'elle donne, l'attention permanente, l'enthousiasme permanent. Je me souviens avoir dit à Claude Miller : &quot;Je crois que je n'arriverai jamais à faire ce que tu fais&quot;. &quot;Tu fais de petites siestes de temps en temps. Regarde, pendant que le plan s'installe, je fais une micro sieste&quot;, m'a-t-il répondu. Mais il faut avoir le talent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous trouvez cette énergie pour l'écriture ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'écriture ne me prend pas beaucoup de temps. Cela me prend surtout du temps à la correction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous plairait : Anne Brochet actrice-écrivain ou écrivain-actrice ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je ne me reconnais pas dans une actrice qui écrit. Je suis actrice quand on dit moteur. Je ne suis pas actrice dans la vie. Quand je m'occupe de mes enfants, je suis maman.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Et si vous deviez choisir ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Si j'étais obligée de choisir, je choisirais l'écriture. Parce que je n'aurais besoin que de moi pour l'acte d'écrire, alors que je ne peux pas jouer toute seule dans ma chambre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Et juste Anne Brochet ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je voudrais bien être juste Anne Brochet. Parfois on met du temps à se rencontrer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;C'est un peu l'histoire de votre personnage dans &quot;Un château en Espagne&quot; ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Elle est un peu débloguée d'elle-même, des autres, de la vie. Son petit garçon qui lâche prise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;C'est pourtant une comédie, un genre dans lequel on ne vous voit pas beaucoup...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est un univers que je connais, j'en ai fait quelques-unes. C'est un autre exercice. Je suis comme un musicien qui fait du classique pendant des années et tout d'un coup a envie de faire du jazz. Vous faites un film qui en amène un autre. Une image se précise même si vous ne vous reconnaissez pas dedans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous en avez souffert ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Non, parce que je faisais autre chose, mais parfois ça devenait un peu redondant. On n'y peut rien, c'est tellement plein d'amour et d'admiration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vous dépendez pourtant du désir des autres...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je me souviens il y a vingt ans. Je vais au festival de Cannes pour un film qui s'appelle &quot;Bruissements ardents&quot;. Il y avait François Florent, le directeur du cours Florent, qui me dit : &quot;Ça va être difficile pour toi, parce que tu es trop bizarre. Un visage trop particulier, une personnalité trop étrange&quot;. Moi je me trouvais normale. Il avait raison. Dès le début, je ne recevais pas de scénarios tous les jours. J'imagine que ce que l'on reçoit de moi, ce doit être un peu étrange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Avez-vous le sentiment d'avoir fait de mauvais choix ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Je ne me mords pas les doigts. Peut-être un film que j'aurais pu éviter, une pièce de théâtre...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;On ne vous voit jamais dans la presse people ? &lt;/strong&gt;Je ne vais pas non plus aux avant-premières, il faut s'habiller et tout ça. C'est un effort que je n'ai pas envie de donner. L'effort intéressant à donner, c'est celui d'être actrice ou d'écrire. C'est bien qu'il y ait des gens qui aillent aux avant-premières. S'ils étaient tous comme moi, il n'y aurait pas de pages dans Gala.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N'y a-t-il pas un minimum vital ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le minimum vital c'est d'être juste soi-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pourquoi avez-vous fait ce métier ? &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour le suspense. Pour ne pas être comme mes parents qui étaient professeurs. Ils partaient à huit heures, rentraient à midi, repartaient à quatorze heures, rentraient à dix-huit heures, corrigeaient leurs copies. C'est pour ça que j'ai voulu être actrice : qu'est-ce qui va se passer demain ? C'est une tension qui me pousse à être attentive à tout ce qui se passe. C'est une aventure au quotidien. Je suis obligée de me donner des rendez-vous avec moi-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Recueilli par Richard Pevny &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Anne brochet vient de publier &quot;La fortune de l'homme&quot; aux éditions du Seuil. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Chronique parue dans l'Indépendant du 20 février 2008. &lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>&quot;Paris&quot; de Cédric Klapisch</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/02/27/paris-de-cedric-klapisch.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-02-27:91243</id> <updated>2008-02-27T15:47:56+01:00</updated> <published>2008-02-27T15:45:00+01:00</published>   <category term="Critique" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>  Treize ans après  &quot;Chacun cherche son chat&quot;,  Cécric Klapisch montre que...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/02/01/c5eafceed246d7ab3437cb9e7b525b4f.jpg&quot; id=&quot;media-26332&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;82f274ec473f5222e15355a772da705c.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Treize ans après &lt;em&gt;&quot;Chacun cherche son chat&quot;, &lt;/em&gt;Cécric Klapisch montre que Paris peut encore être un excellent sujet de film. &lt;em&gt;&quot;Paris&quot;&lt;/em&gt; devient même une mosaïque d'histoires dans une ode à la plus belle ville du monde qui n'est pas dans l'optique de son réalisateur juste une ville-musée sans âme qu'arpentent les millions de touristes étrangers. A l'image du tracé du métropolitain,&lt;em&gt; &quot;Paris&quot; &lt;/em&gt;déroule la trame de son scénario un peu dans tous les sens, d'un bourg africain à Rungis, en passant par le Paris de la mode ou le Paris historique (les catacombes).&lt;br /&gt;
Pierre (Romain Duris), danseur de revues au Moulin Rouge, malade soudainement du coeur, se demande s'il ne va pas mourir. Cloîtré dans son cinquième étage où il attend une greffe, il épie sa voisine Laetitia (Mélanie Laurent), une jeune fille pleine de vie qui vit une brève histoire d'amour avec son professeur de fac, un historien travaillé par le démon de midi (Fabrice Luchini) dont le frère (François Cluzet) architecte dans le quartier de la Grande Bibliothèque, attend avec son épouse un heureux événement. Des maraîchers (Albert Dupontel, Gille Lellouche, Zinedine Soualem), une boulangère un tantinet raciste (Karin Viard), un psy (Maurice Bénichou), d'autres personnages secondaires, forment les acteurs de cette comédie humaine dont les pivots sont Pierre et sa soeur, Elise (Juliette Binoche) une assistante sociale qui vit seule avec ses deux petits enfants.&lt;br /&gt;
Dans ce film choral, chacun promène ses problèmes, ses névroses, ses obsessions ou ses rêves dans un Paris qui ne cherche pas à éviter le cliché, quand le jeune immigré tout juste arrivé clandestinement du Cameroun, vérifie que le Paris qu'il découvre, en l'occurrence Notre-Dame, correspond bien à la vieille carte postale en noir et blanc qui l'a aidé à supporter les dures conditions de son errance jusque dans la capitale. Cédric Klapisch qui, dit-il, a beaucoup filmé Paris, montre que Paris s'est enrichie au cours de son histoire des apports qu'elle a reçus d'ailleurs.&lt;em&gt; &quot;C'est ce métissage des époques et des communautés qui fabrique Paris&quot;, &lt;/em&gt;ajoute-t-il.&lt;br /&gt;
&quot;Personne n'est jamais content, on râle, on aime ça&quot;, dit Pierre qui les observe de sa fenêtre. Ces Parisiens sont heureux mais ne le savent pas, semble-t-il ajouter dans le taxi qui l'emporte un matin vers son opération de la dernière chance.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;R.P.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chronique parue dans l'Indépendant du 20 février 2008.&lt;/strong&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Richard Pevny</name> <uri>http://plansequence.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>&quot;Redacted&quot; de Brian de Palma</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://plansequence.midiblogs.com/archive/2008/02/27/redacted-de-brian-de-palma.html" />  <id>tag:plansequence.midiblogs.com,2008-02-27:91242</id> <updated>2008-02-27T15:44:12+01:00</updated> <published>2008-02-27T15:40:00+01:00</published>   <category term="Critique" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary>  &quot;Redacted&quot; est une réflexion sur l'image que les télévisions renvoient de...</summary> <content type="html" xml:base="http://plansequence.midiblogs.com/"> &lt;img src=&quot;http://plansequence.midiblogs.com/media/01/02/6df05b6e7e4ad1a8daaaf4ad77ba925d.jpg&quot; id=&quot;media-26331&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;bd19c5d35ff8bd6e428e63921f34ea16.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&quot;Redacted&quot; est une réflexion sur l'image que les télévisions renvoient de la guerre en Irak, mais ce pourrait être ailleurs ; l'on se souvient du débarquement des GI's dans la corne de l'Afrique mis en scène par le Pentagone à la manière d'un long métrage de Samuel Fuller. C'est surtout ce que ne montrent pas les chaînes d'information, CNN et autre Fox News, de l'Irak qui intéresse le réalisateur du &quot;Dahlia noir&quot; son précédent long métrage. Et l'on voit qu'internet, alimenté par des contributions d'amateurs, est amené à palier cette absence d'information par une autre de manière parfois brute, sans recul, mais aussi sans autocensure. Car les images transmises quotidiennement de la guerre en Irak, donc autorisées par les autorités militaires, sont souvent tronquées ou manipulées. Malgré tout, elles devraient être pour le moins traumatisantes, elles nous sont devenues presque banales au contraire. &lt;br /&gt;
Comme le dit l'un des protagonistes du film de Brian de Palma, &lt;em&gt;&quot;tout ce que tu vois autour de toi, c'est la mort et la souffrance&quot;.&lt;/em&gt;&quot;Redacted, revu et corrigé&quot; se présente comme le journal vidéo d'un jeune GI affecté à un barrage et qui aspire à intégrer dès son retour aux Etats-Unis, une école de cinéma. Ce qu'il filme, c'est juste la barbarie sous uniforme américain. En effet, &quot;Redacted&quot; revient sur le viol et le meurtre d'une adolescente irakienne de quinze ans, par quelques soldats en 2006. Son corps avait été brûlé pour en détruire les preuves et les personnes de sa famille présentes dans la maison le soir du viol, avaient été massacrées.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&quot;Cartonner ces melons c'est comme écraser des cafards&quot;, &lt;/em&gt;lance le soldat Flake. Un geste, un ordre que l'on ne comprend pas et c'est l'irréparable. En vingt-quatre mois, note Brian de Palma, sur 2 000 Irakiens tués à des barrages, seuls quelque soixante étaient dangereux. La vie d'un Américain vaut-elle plus que celle d'un Vietnamien, d'un Palestinien ou d'un Irakien s'interroge encore le réalisateur de &quot;Redacted&quot;. &lt;br /&gt;
Ce film milite ouvertement pour un retrait américain d'Irak. Dans son générique, on peut voir de vraies photos de victimes de la guerre dans ce pays, hommes, femmes, enfants en sang, amputés, brûlés, et dont les yeux ont été volontairement masqués. &lt;em&gt;&quot;Ces images existent sur internet, sur Youtube, sur les blogs des soldats et de leurs familles, mais elles ne circulent pas dans les grands médias. J'ai voulu les montrer à un large public&quot;&lt;/em&gt;, ajoute Brian de Palma.&lt;br /&gt;
Cette vraie-fausse fiction a reçu le Lion d'argent de la meilleure réalisation au dernier Festival de Venise.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Richard Pevny&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chronique parue dans l'Indépendant du 20 février 2008.&lt;/strong&gt; </content> </entry>  </feed>